Zola Les tweets viraux d’une strip-teaseuse en font une adaptation d’un film loufoque.

Aziah “Zola” King (Taylour Paige) est attiré dans un périple de prostitution par une nouvelle amie effrontée (Riley Keough).

En octobre 2015, A’Ziah “Zola” King, une serveuse du Hooters de Détroit et strip-teaseuse à temps partiel, a déclenché un fil de 150 tweets qui est devenu une véritable explosion virale. Le tweetstorm, désormais tristement connu sous le nom de “The Story”, était un récit délirant d’un road trip avec une jeune femme effrontée qu’elle avait servie au travail. Zola, en réalité intitulé @Zola, est adapté de l’article de David Kushner paru dans Rolling Stone, “Zola Tells All : The Real Story Behind the Greatest Stripper Saga Ever Tweeted”. Le film est un tour de montagnes russes sur un chemin sordide de prostitution, d’esclavage sexuel et de violence. Il est tourné de manière imaginative, ce qui met en évidence la folie pure. La part de vérité reste à préciser, mais c’est absolument époustouflant à voir.
Zola s’ouvre sur Taylour Paige, une serveuse de restaurant très peu vêtue. Elle attire l’attention de Stefani (Riley Keough), habillée de manière provocante et dînant avec un homme beaucoup plus âgé. Stefani et Zola sympathisent immédiatement. Elles reconnaissent qu’elles sont toutes les deux strip-teaseuses et qu’elles aiment “faire le trottoir” pour de l’argent. Elles échangent leurs numéros de téléphone et leurs réseaux sociaux et se promettent de rester en contact. Plus tard dans la journée, Zola est surprise d’avoir des nouvelles de Stefani. Elle va avec sa bande faire du strip-tease à Tampa pour le week-end. Zola, même si elle vient juste de rencontrer Stefani, est attirée par l’argent facile et décide de les accompagner.

Lire aussi  Teen Wolf : le créateur du film donne des détails sur le non retour de Dylan O'Brien

La bande-annonce de Zola transforme le fil Twitter d’une strip-teaseuse en un film encore plus fou.

Zola | Official Trailer HD | A24

Zola tire immédiatement la sonnette d’alarme lorsqu’on vient la chercher dans un SUV Mercedes hors de prix. La bavarde Stefani est accompagnée de son petit ami longiligne Derrek (Nicholas Braun), et conduite par “X” (Colman Domingo), un autre homme plus âgé avec un accent africain. Le comportement de Derrek sur la route est erratique. Mais les choses se gâtent lorsqu’ils arrivent dans un hôtel miteux où des truands se promènent. Zola comprend vite que Stefani est une prostituée, que “X” est son proxénète et qu’il s’attend à ce qu’elle “piège” aussi des hommes. Les 48 heures suivantes se transforment en un maelström de sexe et de violence alors que Zola se bat pour s’échapper.

La réalisatrice et co-scénariste Janicza Bravo (Lemon, Atlanta) prend beaucoup de liberté créative pour raconter “l’histoire”. Zola raconte son histoire à travers un flux constant de voix off. Un sifflement, accompagné d’un plan de réaction en gros plan, est entendu à chaque fois que Zola s’énerve. Bravo utilise également une variété d’angles de caméra et d’animations pour différencier plusieurs scènes troublantes. L’effet global est tout à fait fascinant, surtout si l’on considère l’horreur du sujet. Zola montre les femmes dans de nombreuses situations compromettantes, mais jamais nues. Cette distinction est réservée à la pléthore de “Johns” ou “Tricks” servis par Stefani.

Lire aussi  L'armée de l'univers mort de Zack Snyder se déroule sur Netflix avec le film Prequel et la série Anime

Zola devient vite moche. La prostitution forcée, les abus sexuels et la traite des êtres humains sont au cœur de cette histoire. Zola, comme d’innombrables femmes, se voit promettre du travail. Puis découvre qu’elles ne peuvent pas quitter les griffes d’hommes méprisables. Colman Domingo dépeint succinctement ce sombre tableau sous le nom de “X”. Les femmes sont sa propriété à vendre. Toute intransigeance entraîne des représailles rapides. Le film dépeint ce fléau avec trop de désinvolture. Les scènes de prostitution sont réalisées avec un parti pris artistique. Ce que deux adultes consentants font en privé ne regarde qu’eux. Mais ce scénario change lorsqu’un participant ou un observateur n’est pas consentant. Zola aurait mieux servi son sujet avec des descriptions franches.

Zola frappe des nerfs différents. Une recherche approfondie dans les médias à la suite de cet événement a eu des conséquences horribles pour une autre femme prise au piège par les vrais “X” et “Stefani”. Ce qui lui est arrivé est documenté dans les faits et a eu de graves conséquences juridiques pour “X”. En ce sens, Zola ne peut être considéré comme un simple film intéressant sur les tweets viraux. Il y a beaucoup plus dans cette “histoire” qui n’a pas fait sensation sur les réseaux sociaux, mais qui méritait d’être racontée. Zola est une production de Killer Films, Gigi Films et Ramona Films. Il est actuellement en sortie en salle chez A24.