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Les rendez-vous pour les vaccins Covid sont-ils vraiment annulés en France en raison de pénuries?

Ces derniers jours, l’annulation de rendez-vous pour le vaccin Covid-19 en France a fait la une des journaux, car les stocks seraient insuffisants, alors que se passe-t-il avec le programme de vaccination du pays ?

Ces derniers jours, certaines autorités sanitaires ont annoncé que les rendez-vous pour la première dose de vaccins Covid seront temporairement interrompus.

Où cela se passe-t-il ?

L’arrêt n’est pas national et ne touche que certaines régions, en fonction de leurs approvisionnements en vaccins.

Jusqu’à présent, l’autorité sanitaire régionale ARS des Hauts-de-France a annoncé que tous les rendez-vous prévus jusqu’au mardi 2 février inclus seront reportés au mois de mars. L’annonce a été faite jeudi et couvre donc cinq jours de rendez-vous. Seuls les rendez-vous pour la première dose du vaccin sont concernés par cette mesure.

À Paris, le groupe hospitalier AP-HP de la ville a annoncé jeudi qu’il suspendait tous les rendez-vous de première dose dans ses hôpitaux. Toutefois, cela ne concerne que les rendez-vous dans les hôpitaux, dans la majorité des centres de vaccination, les rendez-vous devraient continuer comme prévu, a déclaré la région Île-de-France. Encore une fois, cela ne concerne que les rendez-vous pour les premières doses et ceux-ci peuvent être reportés à partir de la mi-février.

Dans le reste du pays, il y a eu plusieurs cas de centres de vaccination uniques qui ont manqué de doses et ont dû suspendre leurs rendez-vous, mais aucune annonce régionale.

Si votre rendez-vous est affecté, vous serez averti par les autorités, sinon vous devrez vous présenter comme prévu.

Pourquoi ?

La raison des reports est un problème d’approvisionnement, les doses n’étant pas suffisantes pour remplir tous les rendez-vous.

Cependant, comme le montre le graphique ci-dessous, la France a un nombre de doses de vaccin en stock plus élevé que le nombre de rendez-vous donnés (la case grise représente les doses en stock, la ligne bleue les injections données).

Deuxième dose

La raison de cette disparité apparente est la deuxième dose.

Tous les vaccins Covid approuvés jusqu’à présent nécessitent deux doses avant que le patient ne soit protégé. Alors que les pays se battent pour assurer un approvisionnement suffisant en vaccins, la pénurie signifie que les autorités sanitaires doivent faire un choix : donner la première dose au plus grand nombre possible de personnes, puis retarder la deuxième dose jusqu’à ce que l’approvisionnement soit disponible, ou limiter le nombre de personnes recevant la première dose afin qu’elles puissent toutes recevoir la deuxième dose dans les délais prévus.

Certains pays, dont le Royaume-Uni, ont opté pour la première solution et ont retardé la deuxième dose de 12 semaines au maximum.

Toutefois, le ministre français de la santé, Olivier Véran, a annoncé en début de semaine que la France s’en tiendrait à la recommandation du fabricant, qui préconise un délai de 3 à 4 semaines entre la première et la deuxième dose, ce qui signifie que les centres de vaccination doivent calculer leurs stocks en fonction du nombre de personnes recevant deux doses.

Approvisionnements

Comme cela a été largement rapporté cette semaine, il y a eu un problème avec AstraZeneca qui n’a apparemment pas pu fournir autant de doses de son vaccin que prévu. Cependant, ce vaccin n’a pas encore été approuvé pour une utilisation en Europe et la France avait toujours prévu de n’utiliser que les vaccins Pfizer BioNTech et Moderna jusqu’en mars.

La France reçoit 500 000 doses de vaccin Pfizer par semaine depuis fin décembre et si tout se passe comme prévu, ce chiffre passera à 1 million de doses par semaine à partir de mars.

Des problèmes avec AstraZeneca pourraient toutefois affecter l’extension prévue du programme de vaccination à la population générale à partir du printemps et, en fin de compte, l’objectif de la France d’avoir vacciné tous ceux qui le souhaitent d’ici le mois d’août.

À court terme, l’autorité sanitaire régionale de Paris affirme qu’elle sera en mesure de procéder à 72 000 rendez-vous au cours de la première semaine de février, dont 45 000 pour les premières doses. Ce chiffre passera à 75 000 au cours de la deuxième semaine de février, tandis que les troisième et quatrième semaines en compteront respectivement 86 000 et 93 000, y compris les personnes dont les rendez-vous avaient été reprogrammés depuis le début du mois.

A la date de jeudi, la France avait donné 1 349 000 injections dont 117 217 dans les 24 heures précédentes. Après un démarrage très lent, le programme de vaccination s’est considérablement accéléré ces dernières semaines et se situe maintenant en moyenne autour de 110 000 personnes par jour, avec des augmentations prévues tout au long des prochains mois (si les fournitures le permettent).

À plus long terme, le géant pharmaceutique français Sanofi a annoncé que, puisque son propre vaccin ne sera pas prêt avant plusieurs mois, il commencera à fabriquer des doses du vaccin Pfizer BioNTech. L’accord signé porte sur 125 millions de doses, même si celles-ci ne seront bien sûr pas toutes destinées à la France.

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